Une nuit d'hiver, le narrateur de S'en aller est réveillé par la sonnerie du téléphone : on lui annonce que le corps de sa mère a été retrouvé au nord de Baie-Comeau, « couché sur son flanc gauche, recroquevillé sur lui-même, tout petit dans son manteau et partiellement couvert d'une fine couche de neige ». Pour cet enfant unique de parents depuis longtemps divorcés, c'est le début d'un périple noir et angoissé, la quête d'« un indice, une lettre, une phrase, un mot...
Hanté par la peur atavique de perdre pied et d’être emporté par la folie, le narrateur de Ruissellements joue avec la mort comme d’autres avec le feu. Il sait que la maladie mentale coule dans ses veines, lourd héritage transmis de père en fils. Il sait qu’il ne peut rien contre ces crises dévastatrices qui le laissent anéanti pendant des jours. Alors pour déjouer le destin, pour contourner la fin, il voyage dans ses souvenirs réels ou imaginaires, emprunte les chemins de traverse de la fiction, invente des histoires dans les histoires sans jamais lâcher le fil d’or de la création.